★ L'Utopie des Fous (#63)

« Si Roméo et Juliette avaient vécu au vingtième siècle, ils se seraient appelés Jules et Jeanne. Tous deux ont grandi dans...

Couverture du livre

Quatrième de couverture
« Si Roméo et Juliette avaient vécu au vingtième siècle, ils se seraient appelés Jules et Jeanne.
Tous deux ont grandi dans un petit village du Sud Touraine durant la Seconde Guerre mondiale. Jeanne est issue d'une famille résistante, Jules vit quant à lui dans la collaboration avec l'ennemi allemand.
Et c'est dans cet univers d'affrontement et de règlement de compte que les deux enfants vont devoir s'aimer. Mais à quel prix ?
Pour continuer de vivre leur amour impossible, les deux jeunes amants ne choisissent ni le couteau, ni le poison, mais la folie pour armure, et l'hôpital psychiatrique comme refuge... Ainsi pourront-ils vivre l'un près de l'autre malgré les lourds secrets qui rongent Jules.
Ce roman raconte leur folle utopie. »

Mon avis
Il n’aura finalement fallu que quelques jours après sa parution pour que je cède à la tentation d’une Utopie, celle des fous.
« Il faut que je me souvienne encore et encore de ce que nous avons été, de ce jour où tout a basculé et de ce que nous sommes devenus. Il faut que je me rappelle, pour que les belles choses me donnent la force et que les mauvaises me condamnent.. »
Soyons tout de suite très clair, le combo partait gagnant de mon côté en ce qui concerne L’Utopie des Fous ; prenez une histoire d’amour impossible et torturée au parfum Roméo et Juliette sur fond de Seconde Guerre Mondiale et vous obtenez sensiblement toutes les raisons qui m’ont poussée à plonger à corps (ou à cœur) perdu dans cette histoire. Le fait est que mes attentes étaient très, très hautes, et qu’elles n’ont pas été pleinement satisfaites.
L’écriture est probablement le point qui m’aura le plus plu. En effet, la plume de l’auteur avant tout limpide, oscille avec brio entre une brutalité qui sied forcément au contexte historique et au déroulement de l’intrigue et une poésie presque intimiste quand il s’agit de dépeindre ses personnages. Personnages justement qui sont à la fois profondément différents et inexorablement semblables, tant dans leur détresse que dans la sympathie qu’ils suscitent. Marius et son amour indéfectible incarnent à la perfection l’essence même d’une l’humanité gouvernée par ses passions. Jeanne, elle, est le principe même de la douceur. Angèle surtout est la force vive de ce roman en même temps qu’elle en est le point d’ancrage. Alors que l’histoire ne la touche que d’un point de vue extérieur, elle devient la charnière, le pivot de deux destins déjà scellés des années auparavant.
Si d’un point de vue tout à fait objectif il est nécessaire sinon obligatoire de reconnaître que L’Utopie des Fous est un très, très bon roman, il est également nécessaire de reconnaître que j’ai eu l’impression de rester étrangère au récit. Étrangère comme mise à distance, non pas par l’histoire mais par la forme qu’elle prend. J’ai été troublée par le choix narratif, principalement parce que je m’attendais à l’histoire linéaire de deux amant que tout oppose pendant la guerre. En fin de compte, le vas‑et‑viens constant entre passé et présent généré par les analepses m’a d’abord perdue puis ensuite exclue. Le fait de connaître (en quelque sorte) les vieux jours de Marius et de Jeanne au tout début du roman a comme occulté toutes les émotions, tous les bouleversements. Les scènes de torture m’ont à peine ébranlée, les révélations à peine étonnée, et mon âme de romantique finie n'a pas réussi à passer outre cet étonnement initial qui s'est peu à peu teinté de déception. Déception qui ne veut pas dire que l'idée est mauvaise, juste qu'elle n'est pas celle à laquelle j'avais pensé et peut‑être pas celle que j'aurais aimé. Finalement, j’ai refermé cette histoire avec l’impression de ne l’avoir que traversée.

En clair
En clair, j’aurais aimé aimer davantage ce voyage, vivre les traumatismes de ces personnages comme ils les ont vécu, les comprendre et les chérir parce qu'ils le méritent. Toutefois, je n'ai pas réussi à franchir la barrière des mots et des pages ; cette histoire n'est restée qu'une histoire qui je l'espère trouvera le public qu'il lui faut.

Note

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2 commentaires

  1. Le grand retour des chroniques de FabledHeartless ^^ J'adore ce nouveau système de notation à la fin!

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