★ L'œuf de Tanglemhor (#64)

« Rejeté de tous, Krûl le semi-lacertys est devenu le prophète du dieu de la Vengeance pour tous les opprimés des cités du B...

Couverture du livre

Quatrième de couverture
« Rejeté de tous, Krûl le semi-lacertys est devenu le prophète du dieu de la Vengeance pour tous les opprimés des cités du Bassin ctasharre et des terres indomptées du Grand Aghar. Ayant libéré par le fer et la sorcellerie les nations en colère, il règne sur un empire à la mesure de sa rancœur. Par la puissance de ses légions et le contrôle exercé par ses prêtres, le Premier vindicateur – dont la rumeur prétend même qu’il commande aux démons – impose désormais sa loi à ceux qui, jadis, l’avaient humilié. La répression est impitoyable... Les peuples « libres » apprennent à leurs dépens que la vengeance est la plus lourde des chaînes.
Il ne reste plus à l’empereur du Levant qu’à soumettre le duché de la Marche, dernier flambeau d’une résistance à l’agonie. Tout espoir est vain. Il ne reste rien.
Il paraît cependant qu’un audacieux s’est introduit dans la Citadelle noire et en a dérobé l’un des biens les plus sacrés du Très Saint Libérateur. Toutes les forces de l’Empire ont pour ordre de le ramener… vivant.

Collaborer ou résister ? Rester neutre ?
Rebelle ou bandit ? Question de point de vue.
Au cynisme des uns s’oppose le courage des autres.
Des clans barbares aux nations civilisées, du guerrier migou au jardinier myrmidon, pour les hommes et les fées, les ogres et les dragons, l’heure est venue de faire un choix : la soumission... ou la mort.
Seule la déesse de la Folie se rit encore du dieu de la Vengeance. »

Mon avis
Il n’y a que la Fantasy qui me fait me frotter les mains de satisfaction quand je me retrouve confrontée à une pavasse de 800 pages, à deux doigts de sauter à pieds joints dans une nouvelle aventure. Merci à l’auteur pour l’envoi de son roman !

« Citation »
Ce premier tome des chroniques des secondes heures de Tanglemhor est une antithèse dans sa globalité, un paradoxe à lui tout seul. D’une incroyable complexité narrative et pourtant à la portée de tous. Truffé d’originalité tout en suivant les codes phares de la Fantasy. Au style fluide mais pourtant d’une incroyable précision, presque brutale. L’univers est fouillé, précisé, détaillé mais l’intrigue reste foutument dynamique. C’est assez dingue.
L’univers déjà, travaillé comme rarement, même en Fantasy, se déploie au fil de l’histoire, au fil des actions, au fil des rencontres. Partant d’une « bête » prophétie qui pourrait faire s’arquer les sourcils, l’auteur nous invente tout un monde grouillant, étonnant, bouleversant, inspiré de diverses mythologies mais toujours appropriées par l'auteur qui y laisse une véritable marque. Je parlais des codes utilisés et pour cause : au delà de ce postulat prophétique de base, vous rencontrerez bon nombre des figures phares de la Fantasy, sorciers, démons et autres trolls. Pas de grandes nouveautés en soi, sauf que l’auteur y mêle son propre bestiaire, ses propres aptitudes, sa propre magie. Le traditionnel côtoie de très près l’originalité et le panel des personnages n'a de cesse de renouveler l'intérêt du lecteur pour cette histoire. Le jeu perpétuel de l'auteur qui titille son lecteur et ses attentes, qui joue en quelque sorte avec ses connaissances des codes pour mieux l'étonner est un grand, un énorme point bonus apporté à cette histoire ; aucune facilité n'est acceptée, aucun choix narratif n'est attendu.
L’intrigue mène le même combat ; divisé en deux grandes parties, le roman s’amorce sur une quête, un périple au cœur duquel prennent vie plusieurs personnages. Je ne me risquerai pas à détailler les uns et les autres dans un souci purement pratique dirigé vers cette œuvre : c'est que pour les découvrir il faut les vivre, pas seulement les lire par procuration. Les destins se scellent doucement pour éclater en seconde partie où politique et stratégie prennent une place considérable. De message en message, l’auteur dissémine, parsème les piques envers notre quotidien, en l’honneur de nos combats, de notre réalité. La fiction trouve son écho dans le réel, ou peut-être est-ce l'inverse ; toujours est-il que chaque action, chaque vérité, chaque événement rappelle et dénonce même sans doute notre contemporanéité.
L’écriture enfin, sert tout le reste, magnifie un ouvrage déjà complet. Les descriptions servent le déroulement de l’histoire, les rebondissements parviennent à coup sur à étonner, la psychologie des personnages reste fine malgré la brutalité de certains passages, les états d’esprits sont multiples, les destins différents. Le style de l’auteur parachève le tout, simple quand il le faut mais pas simplet, précis mais sans être lourd, prenant le parti d'un récit presque cru dans lequel on se perd volontiers. J'ai d'ailleurs lu quelques "critiques" à propos de l'absence de carte ; je n'ai pas vécu cette absence comme une "déception" mais comme un moyen de plonger les yeux fermés dans une aventure qui, de toute manière, vaut que l'on s'y perde, que l'on s'y démène, que l'on s'y acharne.

En clair
En clair, ce premier tome est un gros coup de cœur, une découverte de celles que j’aimerais faire plus souvent, une aventure que j’ai hâte de poursuivre.

Note

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