★ Aztèques : La Croisée des Mondes (#60)

Aztèques La voie du Papillon de Eric Costa

Quatrième de couverture
« Teotitlan, 1517, Ameyal, fille de chef téméraire, fière et impulsive, est enfin admise comme concubine. Le rêve qui se cache derrière son regard de jade : s’évader du harem d’Ahuizotl, le monstre aquatique. Mais pour y parvenir, elle devra payer le prix. D’un côté, la liberté et la vie. De l’autre, la mort ou la prison. Entre les deux, un parterre de fleurs sublimes et vénéneuses. Des rivales et ennemies qui ne lui laissent aucun répit. Un Maître qui la poursuit. Une alliée folle de désir. Une déesse qui l’a choisie pour servir d’obscurs desseins. Comment s’échapper de cette cage dorée ? Laissez-vous emporter dans un grand voyage, un ailleurs et un autrefois caché au sein d'une civilisation aussi fascinante qu'effrayante.  »

Mon avis
Embarquée, vous le savez, dans les trépidantes aventures d’Ameyal, c’est avec un incommensurable plaisir que j’ai retrouvé l’héroïne de la saga Aztèques. Merci à Eric pour cet envoi !

Nous retrouvons Ameyal au sein du Harem d’Ahuizotl après avoir passé avec brio l’épreuve finale de l’école. Ameyal n’est plus une simple esclave ; un nom lui a été attribué par le Maître. Regard de Jade. Mais si l’espoir de s’échapper enfin de ce triste endroit lui est accordé en même temps que sa nouvelle identité, ce sont les dangers qui semblent se multiplier autour de la jeune femme. D’amies en ennemies et inversement, il devient compliqué pour Ameyal de savoir avec certitude à qui offrir sa confiance quand aux désirs du Maître s’ajoutent les désirs alliés et les désirs divins. La vie d’sclave d’extérieur était sans doute finalement beaucoup plus simple que celle de concubine…
« La plus libre de toutes les femmes est capable de rester libre au sein même de l'esclavage. »
Ameyal, Ameyal, Ameyal… Que dire encore d’un personnage déjà si cher à mon coeur. Retrouver Ameyal revient presque à retrouver une vieille amie ; une amie délaissée un temps mais retrouvée avec un intérêt toujours plus grand. Ameyal ne change pas, elle grandit. Elle ne perd pas de vue son objectif mais devient plus réfléchie ; la faute à la prise de conscience vis-à-vis des épreuves déjà surmontées jusqu’alors ou un comportement seulement plus responsable, aucune idée. Toujours est-il qu’Ameyal continue de surprendre, même à l’issue de trois tomes. De surprendre par sa force mentale, par sa combativité et son impétuosité, par sa ruse et par sa rage, mais aussi par sa curiosité. Curieuse oui, à l’égard des mécanismes internes au Harem et plus globalement à l’égard d’Ahuizolt. De tous les tomes, ce troisième est peut-être le premier qui me l’a montrée dans cette perspective : une Ameyal qui ne perd pas de vue son objectif quant au futur mais qui est impliquée dans un développement présent de son histoire. Et j’ai aimé la découvrir sous cet aspect.
La plume d’Eric Costa continue de se mettre au service d’une atmosphère de tension. La poésie propre à l’auteur et de laquelle j’ai déjà parlé pour les tomes précédents est toujours au rendez-vous mais se voile d’un certain mysticisme par moment, d’une tension par d’autres qui manifestent la menace latente du Harem. Impossible de ne pas ressentir que le danger est intrinsèque, que les épreuves traversées par Ameyal ne sont qu’un grain de sable face à se qui l’attend. Si la présence notoire et répétée d’Ahuizolt contribue à peser sur le récit, la composante purement magique imposée par l’exploitation divine et les tensions au sein même des alliances renforcent l’impression d’urgence. Se dépêtrer d’une situation conduit Ameyal à s’embourber dans deux autres. L’histoire atteint un point critique où aucune décision n’est vraiment bonne ; l’enjeu devient de déterminer le mieux à défaut de pouvoir obtenir le bien. J’ai vraiment beaucoup aimé ce climat, cette atmosphère, ces révélations qui comme toujours avec cet auteur, parviennent à susciter une palette d’émotions allant de la simple surprise à la profonde déception en passant par une incommensurable sensation d’urgence qui fait chavirer le coeur.
Parlant d’émotion, ce sont les personnages plus encore que leurs actions qui poussent à l’étonnement. Si Ameyal parvient encore à me surprendre, j’ai également été surprise par Ahuizolt lui-même ainsi que par Macoa. Je parlais dans le second tome d’une certaine aura enveloppant les rares apparitions du Maître. Oubliez cette idée d’aura ; elle s’est muée en véritable fascination. Une fascination que je ne saurais correctement expliquer ; peut-être le simple reflet projeté par la vision de l’héroïne, mais une fascination réelle. Macoa elle… Comment parler de Macoa sans risquer de tout dévoiler ? Je dirai seulement que si le personnage me donnait le sentiment d’un coeur sur la main, je l’ai désormais au bord des lèvres.
Pour un troisième tome, l’histoire d’Ameyal ne perd pas en dynamisme. L’auteur déborde vraisemblablement d’imagination et prend un malin plaisir à mettre son lecteur à l’épreuve notamment la pire de toute : celle de l’attente. Celle de l’attente face à une fin atroce ne laissant que peu de place à l’anticipation, accordant seulement son crédit à la patience et à l’espoir de succomber bientôt à l’apothéose aztèque…

En clair, comme on ne dit jamais deux sans trois, La Croisée des Mondes s’en sort avec les honneurs auxquels je m’attendais tout en ayant réussi à me surprendre encore. J’attends la suite avec impatience et recommande toujours davantage cette saga à la fois épique et différente de tout ce qui se voit actuellement en Fantasy.

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