★ Tristan et Yumi : Tome 1 (#57)

« An 2122. Les ressources de la planète sont épuisées. La montée du niveau des océans et la guerre nucléaire anéan...

Tristan et Yumi

Quatrième de couverture
« An 2122.
Les ressources de la planète sont épuisées. La montée du niveau des océans et la guerre nucléaire anéantirent la plupart des grandes villes. La pollution et les phénomènes climatiques extrêmes menacent la survie de l’humanité. Les regards se tournent alors vers de nouveaux horizons.
Tristan Outis est un simple chasseur‑recycleur des secteurs rouges de New Sidney, Antarctique. Sa vie est programmée pour s’éteindre à 50 ans, au rythme d’une cadence de travail infernale. Le Ministère de la Vérité surveille ses mouvements, ses paroles et ses pensées. Il ne souhaite pas vraiment sauver la Terre, et ne songe qu’à partir vers le lointain système d’Utopia. Il votera donc en faveur de la loi Colonisation et de la construction de l’Arche. Le jour de son anniversaire, sa vie bascule lorsqu’il découvre une mystérieuse relique d’avant-guerre. Souhaitant l’échanger pour un billet pour l’Arche et fuir la Terre, il ne se doute pas que sa destinée sera toute autre…
Au fond de l’océan Pacifique vit Yumi Takeda, audacieuse jeune pilote et lieutenant de police de la ville de Shin Tokyo. Vivant en privilégiée dans les secteurs verts avec augmentations nanotechnologiques et biosphères paradisiaques, ses idéaux sur la Fédération s’effondrent lorsqu’une enquête de disparition l’amène à faire connaissance avec la véritable nature humaine. Plongez dans les abysses des villes du XXIIe siècle et de l’être humain pour découvrir si, pour sa future croisade dans l’espace, les rouages psychiques, culturels et politiques demeurent fondamentalement les mêmes.  »

Mon avis
Je remercie du fond du cœur Publishroom pour la proposition et l’envoi de ce roman de science fiction, et pour le soin porté au blog avant cette proposition. Aussi, merci à Paul Chabot pour ce premier tome qui figure une suite sous les plus beaux auspices. Enfin, merci à SimPlement.pro, une fois de plus, de permettre de si chouettes rencontres.

Nous suivons deux personnages diamétralement opposés : d’un côté Tristan, américain pauvre employant sa vie à la chasse‑recyclage d’objets qui lui permettra peut‑être d’acheter une place sur l’une des Arches pour le système Utopia. De l’autre Yumi, lieutenante de police privilégiée vivant dans le nouveau Tokyo immergé.
Si Tristan décide coute que coute de voter en faveur de la loi Colonisation et de tout ce que cette option engendre, Yumi elle, est plus réfractaire à cette entreprise coloniale. Mais alors que tout les oppose, conditions de vie, continent et même objectifs, les deux protagonistes vont faire d’étranges découvertes, bouleversant à la fois leur futur et leurs opinions. Si la croisade en vue pour l’espace semble être une douce utopie, les deux protagonistes vont très rapidement être confrontés à la terrible essence humaine...
« Citation. »
Quel voyage ! Tristan et Yumi m’a offert une expérience de lecture dépaysante dès les premières lignes, si bien que ma déception au réveil de Tristan a au moins égalé la sienne à l’émergence de son rêve. Cette montée d’adrénaline, suivie de cette rechute magistrale dans le quotidien du XXIIème siècle m’a tout de suite mise dans le bain et ce d’une façon, je dois le dire, épique. Je ne sais pas exactement ce qui s’est passé avec ce roman mais j’y ai tout de suite adhéré, j’ai tout de suite été embarquée. L’univers, les personnages, le style d’écriture, l’approche de l’intrigue ; tout a contribué à une sorte d’alchimie qui a achevé de m’embrigader. Le fait est que si le postulat de base de l’univers est plus que répandu en science fiction - à savoir une entreprise de colonisation de l’espace prenant effet dans un monde voué à l’extinction à cause des exactions humaines, conduisant à la sectorisation de la population selon la classe sociale -, l’approche de cette histoire et le ton qui lui est donné est vraiment singulière.
L’alternance déjà, des points de vue des personnages permet de lentement s’approprier les lieux de vie des deux personnages. Du côté de Tristan, c’est son travail de chasseur‑recycleur, son robot à la ClapTrap mais métamorphosable, son dégout de la Terre s’entrechoquant aux espoirs qu’il voue au projet Utopia qui m’ont le plus emportée. Yumi, elle, m’a littéralement conquise par son ambition, sa désinvolture et son impétuosité. J’ai également beaucoup aimé l’idée d’un Japon immergé mais à la pointe de la nanotechnologie. Cette nanotechnologie me conduit au second très bon point du roman : le développement scientifique. Qu’il soit question des composantes électroniques incorporées à l’intrigue, des discours concernant le projet Utopia ou tout simplement l’organisation du système social en fonction des ressources naturelles disponibles, l’histoire puise dans la science le nécessaire à une crédibilité, une vraisemblance qui fonctionne vraiment bien. Pour reparler très rapidement des discours scientifiques, le premier discours du Docteur Hansen m’a plu a bien des égards : propagande à peine dissimulée, lancement d’un conflit intérieur, précisions logistiques... J’ai vraiment beaucoup aimé toute cette composante qui distingue, à mon sens, une œuvre de science fiction réussie d’une œuvre de science fiction qui l’est un peu moins. Je pense qu’il est également important de souligner la violence omniprésente dans le roman ; il n’est de ce fait pas à mettre entre toutes les mains.
Mais même si la lecture a été vraiment plaisante et que j’ai vraiment aimé la plume de l’auteur qui a un réel potentiel, Tristan et Yumi passe a côté du coup de cœur pour une raison toute bête : l’utilisation hasardeuse des temps. Je n’ai pas trouvé de logique apparente aux changements temporels qui échappent à toute concordance. J’avoue avoir été vraiment étonnée de cet aspect tant l’écriture en elle‑même est bonne. Ce roman mériterait en définitive d’être revu sur ce point, et pourrait en aboutir un véritable chef‑d’œuvre, émettant sa propre vision d'un hypothétique futur détruit par des siècles de surpopulation et de surconsommation. Une mise en garde donc, un message fort et mine de rien, une vraie dose d'espoir.

En clair, Tristan et Yumi est une révélation à mon sens. Mais une révélation qui mériterait quelques petites corrections qui lui permettraient d’être simplement irréprochable. Un premier tome qui effleure, touche du doigt le coup de cœur et qui l’obtiendra sans doute par la suite.

Pour acheter le livre : Tristan et Yumi

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5 commentaires

  1. Un article bien intéressant pour un livre qui en eut tout autant l'air. Tu trouves toujours le moyen d'être concise (#PasCommeMoi^^) mais de bien détailler tes arguments. D'ailleurs, ce fameux Ministère de la Vérité me fera immédiatement penser à un roman qui m'a à jamais marqué: 1984.

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    1. Merci Quentin ! Intéressant il l'est, ça c'est certain ! J'essaie de synthétiser au max mais c'est parfois compliqué, toutefois la peur du spoil aide pas mal ^^. 1984 est évidemment dans ma PàL, je le lirai sûrement avant la fin de cette année :)

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    2. J'ai hâte de lire ton avis dessus. J'adore la façon que ce livre a de faire coexister son univers et les réflexions politiques qui le parsèment. Les digressions d'Orwell sont parfois longues, mais passionnantes. Et le film est cool!

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  2. Je vous remercie pour votre aimable commentaire, et suis heureux que mon oeuvre vous ait plu. L'écriture achevée fin janvier, les dix auto-relectures (peut-être vingt depuis !), chercher un éditeur, et publier à temps pour le salon du livre de Paris à la mi-mars : tout cela a été un vrai sprint... Je m'excuse néanmoins pour la gêne occasionnée par les multiples problèmes de forme, et soyez assuré que pour le tome II, je me concentre aujourd'hui sur une écriture épurée de ces écarts honteux.
    Si vous avez des idées/commentaires complémentaires à me donner pour participer à la création de la suite, je vous invite à consulter la page fb ou à me contacter sur tristanetyumi@gmail.com.
    Je vous souhaite une bonne journée.
    L'auteur

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    1. Oui, j'imagine que ce doit être un travail colossal à abattre. Cette "gêne" a été largement contrebalancée par la qualité de l'intrigue mais également par celle de votre écriture. J'ai hâte de voir ce que ce second tome nous réserve ! Au plaisir de vous croiser de nouveau.

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