★ [PARTENARIAT CULTURA] Calame : Les deux visages (#58)

« Après un an de guerre civile, la rébellion contre le « Roi Lumière », le tyran de Westalie, est écrasée dans le s...

Calame Les deux visages

Quatrième de couverture
« Après un an de guerre civile, la rébellion contre le « Roi Lumière », le tyran de Westalie, est écrasée dans le sang. Son chef légendaire, Darran Dahl, est tué, ses partisans dispersés ou jetés au cachot.
Parmi eux, la jeune Maura, la lieutenante de Dahl. Le célèbre légendier D’Arterac lui propose un marché : son exécution sera suspendue le temps qu’elle lui raconte la véritable histoire du chef rebelle, ce mystérieux guerrier aux origines obscures, que l’on prétendait indestructible.
Mais profitant de ce sursis, Maura prépare peu à peu sin évasion pour reprendre la lutte... »

Mon avis
La réception du premier tome de la saga Calame est la concrétisation d’un très nouveau partenariat pour le BookPearl : celui conclu avec la superbe équipe du Cultura Plan de Campagne. Je les remercie une nouvelle fois pour la confiance que cette équipe m’a accordée, et pour le sacré voyage dans lequel cette première réception m’a propulsée !

Nous faisons la connaissance de Maura - prononcée Ma‑o‑ra -, jeune fille de seulement 19 ans mais déjà lieutenante d’une troupe rebelle. Après l’assaut mené par l’armée rebelle contre le Roi Soleil, Maura est faite prisonnière et pire encore : Darran Dahl, leur chef de guerre est tué. Jetés aux cachots jusqu’à leur mise à mort ou en cavale, les rebelles ont perdu de leur superbe ; la tyrannie du Gottaran de Westalie semble pouvoir reprendre de plus belle. Toutefois, Maura se voit proposer un marché par le célébrissime légendier D’Arterac : son exécution sera suspendue le temps qu’elle lui racontera la véritable histoire de celui qui fut son mentor. Profitant du délai qui lui est accordé, Maura utilise tant bien que mal ses pouvoirs de mindaran pour échafauder un plan d’évasion. Son retour sur sa rencontre, puis sur sa vie aux côtés de Darran permet à D’Arterac de récolter les informations nécessaires à l’élaboration de la légende du « fou à la hache ». La question reste de savoir à qui profitera cette légende en marche...
« Citation. »
Quand j’ai su que j’allais mettre la main sur l’un des derniers nés de chez Bragelonne j’ai sauté de joie. Pourtant, j’étais bien loin de m’imaginer ce que me réservait la lecture de ce premier tome de la nouvelle saga de Paul Beorn... Je dois avouer que je ne m’attendais pas à cette forme de récit, à cet embarquement immédiat. Je ne connaissais pas la plume de Paul Beorn ; tout ce que je peux dire c’est que cette lecture me donne la terrible envie de lire plus de titres imaginaires de cet auteur.
Calame est un roman dense, épais mais pas étouffant. Les intrigues s’enchainent, s’entremêlent, se font et se défont pour mieux se nouer de nouveau par la suite. La forme du roman premièrement, comme une sorte de succession d’analepses narratives qui permettent de prendre conscience de qui sont réellement chacun des personnages qu’ils s’agissent de ceux de la future Colonne de Kenmare ou des personnages annexes comme la Princesse Sanglante, le Roi Lumière, Rachaëlle ou encore les précédentes Saintes Gottarans. Le fait est que cette forme narrative est propice aux révélations à la fois touchantes et inattendues, très difficiles sinon impossibles à prévoir. De tous ces petits (ou gros) secrets distillés au fil des témoignages rebelles, certains m’ont arraché quelques jolis sanglots. La seule qui m’a sans doute le moins convaincue est celle à propos du Calame justement, dont je ne vous parlerai pas plus en détail de peur de gâcher un trop grand plaisir de découverte. Le retour au présent, lui, permet de découvrir un vieux légendier de génie, une rébellion qui n’a pas dit son dernier mot et de terminer de poser le cadre à la fois politique et religieux de l’univers. La composante magique est géniale ; simple mais résolument efficace, je l’ai tout simplement adorée.
Mais l’une des autres énormes qualités du bouquin reste sans concession ses personnages. Des personnages qui servent non seulement l’histoire mais qui la créent. Qu’il soit question de Maura et de son histoire, de Darran et de son passé, de la formation de la rébellion, de la position de D’Arterac vis‑à‑vis de la tâche qui lui est accordée ; tous font partie d’un univers qu’ils échafaudent au fur et à mesure des pages. Les intrigues familiales et relationnelles s’inscrivent d’abord en toile de fond du récit mais viennent s’enchevêtrer dans la composante épique de l’univers d’une façon si naturelle, si belle quelque fois, que le tout m’a souffletée à bien des moments. C’est globalement l’histoire de Maura qui m’a brisé le cœur, mais davantage encore : c’est la fatale tragédie qui touche les personnages qui m’a achevée. Le courage de D’Arterac ne m’en a semblé que plus grand quand l’obstination de Darran m’est apparue simplement bouleversante... Ces intrigues entrecroisées, ces révélations sont portées par une plume si agréable, si vivante, qui résonne comme l’histoire témoignée qu’elle revendique. Cette plume est à la fois naturelle et simplement juste. Atroce quand il le faut, sublime quand elle le doit.
Enfin, il reste une chose importante à souligner dans ce premier tome, et dans cet univers qu’est celui proposé par Calame : la place faite aux femmes. Maura bien entendu, mais également Breena, Eveer ou même Morregan, qui pourtant est un homme, portent ce respect du genre féminin, colportent ce désir de liberté, d’équité. Les composantes épiques et héroïques du roman se fondent sur ce dégoût de la disparité, de l’injustice et de la monstruosité. Merci monsieur Beorn pour une dénonciation si juste, au travers des erreurs, des préjugés et des remises en question de l’Histoire‑même et de l’héroïne. Merci pour tout...

En clair, ce premier tome est une sacrée rouste que je me suis prise, un torrent de larmes et de sang que je n’ai pas adoré, que j’ai simplement et profondément aimé. Je remercie une nouvelle fois l’équipe de Cultura Plan de Campagne pour avoir mis cette pépite entre mes mains. Je remercie aussi l’auteur pour ce voyage au cœur de l’immonde et pourtant du beau, le vrai beau, celui qu’on peut toucher du doigt. Je recommande cette envolée épique et ce voyage rebelle aussi ardemment que j’attend d’en connaître la suite.

Page des articles coup de cœur

Pour acheter le livre : Calame les deux visages

Vous aimerez peut-être :

0 commentaires