★ La Résolution (#55)

«  Denis habite Bagneux, une ville de la banlieue sud de Paris, et travaille au pied de Montmartre, dans une agence bancaire...

La Résolution

Quatrième de couverture
«  Denis habite Bagneux, une ville de la banlieue sud de Paris, et travaille au pied de Montmartre, dans une agence bancaire. À bientôt trente ans, sa vie n'a été jusque‑là que très banale. Un soir, en rentrant chez lui, il assiste, dans le train, à une dispute singulière opposant deux filles d'une cité de Bagneux à un jeune homme de leur connaissance, habitant un pavillon bourgeois de la ville voisine. Denis ne comprend pas les raisons du conflit mais, d'un naturel imaginatif, il en élabore des scénarios. Quelques jours plus tard, il apprend, par une affiche, la disparition inquiétante du garçon...  »

Mon avis
Les lectures contemporaines ne sont pas les plus répandues sur le blog. Je m’en étonne d’ailleurs parce que quand je me lance dans l’une d’elle, c’est très souvent une super surprise. La Résolution ne déroge pas à cette règle. Merci du fond du cœur à l’auteur pour m’avoir proposé la lecture de ce roman.

Nous faisons la connaissance de Denis, employé de banque trentenaire. Alors qu’il emprunte pour la énième fois le RER qui le ramène chez lui, il est loin de se douter que la monotonie confortable qui s’est emparé de son quotidien est sur le point de voler en éclats. Si la dispute à laquelle il assiste ce fameux soir lui semble d’abord sans importance, son étonnement va grandissant quelques jours plus tard quand il se rend compte que le jeune homme de la rixe est porté disparu. De rencontres en intrigue en passant par toute une palette de supputations, il devient nécessaire pour Denis de démêler le vrai du faux au sujet de cette querelle et de cette disparition pour enfin proposer à cette histoire sa correcte résolution...
« none. »
Même si c’est avec enthousiasme que j’avais accepté ce service presse, j’avais quand même quelques petites appréhensions : une dispute, une disparition, une tentative de résolution... J’espérais que le roman ne flirte pas trop avec le genre noir (thriller ou policier) qui n’est vraiment pas mon préféré. Le verdict tombe rapidement dès les premières pages tournées ; La Résolution n’est pas un roman d’investigation, c’est un roman social, un roman d’expérimentation. Et tout ce que je veux dire maintenant, d’entrée de jeu, c’est que c’est un chouette roman. Lancée dans la lecture une nuit d’insomnie, la lecture s’en est trouvée vaporeuse, rajoutant à la situation un brin de mysticisme qui fait que je n’ai pas simplement affectionné cette lecture, mais que je l’ai adorée.
Véritable roman à tiroir, le croisement des intrigues et des personnages est absolument succulent. Au départ impossible à imaginer, le rapprochement des différentes personnalités est à la fois bien ficelé, adorable et haletant. Le fil narratif s’enchevêtre dans le fil psychologique et le dénouement fini par se dédoubler lui même. L’histoire abouti sur la résolution, donnant tout son crédit au livre, mais abouti d’un même coup à l’accomplissement personnel des personnages. Finalement, la quête est double et l’enjeu n’est pas simplement d’émettre des hypothèses au sujet d’une disparition. L’imagination du personnage laisse peu à peu place aux interactions sociales. Les personnalités se multiplient, et avec elles les passés et les histoires. Si certains incarnent des figures presque caricaturales de la banlieue, leur réunion forme un je ne sais quoi de véritable plus que de vraisemblable. Chacun est tellement vrai, approché avec une précision si fine qu’il a très vite fait de s’accorder la sympathie du lecteur. La banlieue, elle, cadre du roman, aurait pu contribuer à tourner le roman en satire sociale. Il n’en est rien, l’ensemble est d’une justesse tout simplement géniale.
Le style de l’auteur n’est pas en reste et va jusqu’à servir les péripéties de ses personnages. Direct et incisif, la prose n’en demeure pas moins belle à bien des égards. Plusieurs passages sont saisissants tant ils trouvent un échos plus vaste, plus global que celui du roman même. J’aurais tendance à penser que La Résolution n’est pas qu’un roman mais presque une introspection sur la vie, ses aléas et ses résolutions. Le livre pousse fatalement à la remise en question et repousse méthodiquement toute idée de fatalité ; rien n’est jamais joué et la plus petite action peut entrainer la plus belle des solutions. L’enchainement de courts chapitres, eux‑mêmes composés de courts paragraphes appuient le rythme de l’intrigue et manifestent en quelque sorte le sentiment d’urgence de toute disparition. Ajoutez à cette composition des passages très oralisés, des échanges de mails ou de textos et vous obtenez non plus un roman, mais une coupure de vie.

En clair, La Résolution est une sucrerie livresque dans laquelle absolument tous les ingrédients sont savamment dosés. Le tout touche du bout du doigt une justesse tout simplement satisfaisante ; les quelques 200 pages du roman se tournent sans que le temps de lecture ne soit compté et le livre se ferme sur émotion agréable, sur une note d’espoir qui fait du bien.

Pour acheter le livre : La résolution

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2 commentaires

  1. Merci Meganne pour cette critique généreuse et si bien écrite.
    D'un auteur insomniaque à une lectrice insomniaque, ça partait avec quelques chances de coller.
    Au vu de la qualité de votre style, il ne m'étonnerait pas vous soyez vous-même auteur.
    Au plaisir de se croiser à nouveau.

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    1. Merci à vous pour cet envoi, et merci également pour tous vos gentils mots. C'est avec grand plaisir que je me suis lancée dans la lecture de votre roman. A très bientôt peut-être !

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