★ Les Silences de l'hiver (#43)

Les silences de l'hiver de Benjamin Murcy

Quatrième de couverture
« Je m'appelle Olivier et je suis un criminel. Il y a dix ans, j'ai tué un gosse une nuit d'hiver. Accident de voiture sur une route de campagne, pas eu le temps de freiner. Mon père a effacé les traces. Depuis, lui et le spectre du gamin dirigent ma vie. Cette année est différente, ma femme attend notre premier enfant. Sa venue est inacceptable. Mon silence m'étouffe trop. Je n'ai personne à qui parler. »

Mon avis
Quand j'ai vu passer ce livre sur SimPlement.pro, j'ai tout de suite postulé au SP. Je remercie son auteur de m'avoir fait confiance.

Nous rencontrons Olivier qui a tout pour être heureux : un métier sûr et un avenir prometteur, une femme qu'il aime et qui l'aime, une belle maison et une belle voiture. Et pourtant, la vie d'Olivier est tout sauf heureuse et pour cause : il a tué un enfant. Personne ne sait qu'il en est l'auteur ; son père l'a aidé à garder le secret. Sa vie est morte en même temps que cet enfant. Le secret est vite devenu l'arme fatale utilisée par son père pour régenter sa vie. Comme tous les hiver, le spectre de Robin vient hanter Olivier. Mais cette année, il ne peut accepter de se laisser faire. Caroline est enceinte. Bientôt, son propre enfant verra le jour. Olivier doit trouver une solution.
« Le compteur de nos vies y démarre, trace sa route et s’arrête sans nous prévenir. Et le temps d’un dernier soupir, tout se remet à zéro. »
Si je ne devais caractériser Les silences de l’hiver que rapidement, je dirais simplement qu’il s’agit d’un bon thriller psychologique. Un thriller qui a su me mettre mal à l’aise mais sans gâcher mon plaisir de lecture. En fait, il est à ce jour le premier thriller qui m’ait donné envie de réitérer l’expérience, et ce sans réserve. Pas d’effusion de sang, pas de grand méchant à l’immense pouvoir ; juste un grand méchant à l’implacable volonté. Un méchant comme il est facile d’en croiser, un monstre d’ambition prêt à tout pour ne pas flancher. C’est justement l’un des gros points forts de ce livre : les personnages sont tout ce qu’il y a de plus réel (malgré la petite composante fantastique dont on reparlera un tout petit peu plus tard). Olivier, tiraillé entre amour et haine, entre admiration et dégoût, entre les deux pôles majeurs de sa vie : sa femme et son père. Caroline qui représente son futur, son père qui incarne ses erreurs passées. Aux antipodes l’un de l’autre, ces deux composantes de sa vie se rejoignent pourtant en une colère tantôt viscérale, tantôt protectrice. La somme des personnages et de leur caractère contribue à la construction d’un univers troublant de réalité. C’est de cette réalité que nait la tension narrative nécessaire au genre.
Si le drame avec lequel débute l’histoire, et avec lui le fantôme de Robin, aurait pu être la source même de la tension, c’est le quotidien étouffant qui laisse place aux démons : un entourage suffocant, des responsabilités malvenues, une relation de couple qui déraille… Bien sûr, Robin y est pour quelque chose mais il m’a semblé qu’il incarnait simplement le poids psychologique de l’histoire : d’où une semi composante fantastique qui n’en est pas une et qui pousse la réalité à un degré encore supérieur. La focalisation sur les pensées d’Olivier, sur ses doutes, ses remords et ses incertitudes posent des questions très pointues sur différentes notions que je ne m’attendais pas à retrouver dans une histoire « si courte ». La justice, l’amour et la confiance conjugale, la responsabilité parentale ou encore l’ambition permettent à l’auteur de dévoiler son point de vue sur une société plutôt terne, teintée d’orgueil et de jalousie.
La voix de l’auteur n’est d’ailleurs pas à négliger et est incarnée par une plume à la fois tendre dans l’enchainement des mots, et incisive dans les faits. Cette ambivalence apporte au récit un petit quelque chose agréable, une fluidité assez remarquable qui font que les pages se tournent très vite et que l’histoire est refermée à grande peine. La fin, à cheval entre le typique et l’atypique m’a franchement réconciliée avec le thriller. Une fin ouverte mais pourtant sans équivoque, une fin qui n’aurait pas pu être meilleure.
Enfin, impossible pour moi de ne pas faire un petit clin d’oeil au cadre nordiste de l’histoire puisqu’elle prend ses racine dans ma ville. Petite information qui ne sert pas à grand chose mais que j’avais envie de mentionner plus par principe que par fierté (je vais d’ailleurs penser que mon Nord donne à réfléchir à ce genre puisque la petite Alexia d’ALIENOR se trouve également être une nordiste).

En clair, j'ai passé un super moment avec Olivier, malgré la noirceur de son histoire.

Pour acheter le livre : Les silences de l'hiver de Benjamin Murcy


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Commentaires

  1. Ce livre me tente beaucoup grâce a ton avis ! Merci beaucoup pour cette belle découverte je l'ajoute à ma wishlist !

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    1. Contente de t'avoir fait découvrir ce roman alors ! Bonne lecture ! :)

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