★ Grandir (#45)

« Imaginez un monde où ni la pauvreté, ni la guerre, ni les livres n’existeraient plus. Le technomonde. Imaginez un...

La bibliothèque : Grandir de Pauline Deysson

Quatrième de couverture
« Imaginez un monde où ni la pauvreté, ni la guerre, ni les livres n’existeraient plus. Le technomonde. Imaginez un lieu hors du temps, qui abriterait tous les rêves de l’humanité. La Bibliothèque. Imaginez que ces deux univers se rencontrent. À 10 ans, Émilie est choisie pour devenir la nouvelle Bibliothécaire. Elle a le pouvoir d’entrer dans les rêves, et de les vivre comme s’ils étaient réels. Son premier livre la conduira sur une voie semée d’embûches, de magie et de doutes. L’accompagnerez-vous ? Mêlant conte philosophique, aventure et magie, La Bibliothèque doit comporter cinq tomes. Grandir est le premier ; les autres seront Vivre, Aimer, Mourir et Rêver. »

Mon avis
Quel bonheur de recevoir des livres de cette qualité, de remarquer qu'une dédicace s'est glissée entre les pages, et de participer à une si belle aventure. Merci beaucoup à l'autrice pour cet envoi.

Nous nous trouvons propulsé dans le technomonde. Véritable monde blanc, organisé, stérile. La vie ne s'y imagine pas sans technologie : les ordinateurs vous habillent, vous nourrissent, vous divertissent, vous pervertissent. Les écrans ont décidément remplacé le papier. Les enfants sont élevés en batterie, livré aux parents des mois après leur naissance. Ce temps permet de formater les esprits. De forger les destins. Tout est carré, ordonné. Préenregistré.
Émilie est une enfant de ce monde, mais son esprit ne parvient pas à se conformer à ce mode de vie. Émilie est trop curieuse. Émilie est trop intelligente. Émilie n'aura pas le même avenir que tous ses camarade : elle est la nouvelle bibliothécaire. Elle sera la seule à avoir accès aux livres, à avoir accès aux rêves. Elle sera la seule à vivre. Préparez‑vous à la suivre...
« Sans en avoir jamais vus, elle savait que ces objets rectangulaires, disposés avec soin sur l'étagère en face d'elle, étaient des livres. Des couloirs de livres qui se déployaient dans toutes les directions. Un dédale de teintes, de textures et d'odeurs, labyrinthe étrangement familier. Un rêve qu'elle aurait oublié et qui lui revenait soudain, sans raison. »
Il est des livres qui plaisent et d’autres qui emballent. La bibliothèque est un voyage épique au coeur d’une histoire qui l’est tout autant. Une histoire de celles qui se savourent, et non pas de celles qui se dévorent. J’ai dû prendre mon temps dans cette aventure, alterner ce récit avec d’autres lectures plus faciles, mais en aucun cas je n’aurais voulu passer à côté d’Émilie et de son statu bien particulier. Partant d’un lieu commun revisité en Science Fiction ; celui que les livres sont de véritables portails vers l’aventure, la bibliothèque rend compte d’une palette d’aventures permises par la lecture (comme une sorte de mise en abîme du lecteur lui‑même), et forme un petit écho au très célèbre Fahrenheit 451 de Bradbury.
Si Émilie est toute jeune, la maturité de ses réflexions force définitivement le respect. Elle est une héroïne intelligente, forte et terriblement attachante. Les pensées qu’elle partagent frisent parfois la philosophie et délivre à tous les coups un message sur une société bien plus similaire à la notre que ce que l’univers fantastique veut le faire croire. Entre Science Fiction et Fantasy, la bibliothèque recèle d’une multitude d’histoires qui englobent différents genres : tout lecteur y trouvera forcément son compte. Un compte sublimé par la maitrise de l’autrice qui exulte dans tous les styles qu’elle utilise. Un talent assez dingue qui se mesure à la qualité d’écriture : une très jolie plume (de celle que j’aime le plus), recherchée sans être compliquée, pointue sans être théorique, aux accents poétiques indéniables et comme je l’ai évoqué un peu plus haut, aux messages parfois philosophiques. La bibliothèque est en somme un livre magique qui incarne à merveille son titre. Les personnages qu’elle met sur le chemin du lecteur disposent de la même intelligence ; aucun n’est présent en simple figuration, tous servent réellement l’histoire.
Pourtant, j’avoue avoir eu peur. Les premières pages et l’instauration du cadre m’ont directement plu : la rencontre avec Émilie est plaisante malgré ses premières difficultés et l’ambiance n’est que trop bien dépeinte. Aucun soucis pour s’imaginer le monde crée par l’autrice. Les choses se sont toutefois gâtées avec la première histoire qui m’a perdue, une histoire aux allures de conte qui a achevé d’appuyer ma réticence pour ce genre narratif. Je ne voyais plus où devait me mener la lecture et j’ai eu l’impression de perdre l’essence même du livre, de perdre ce qu’il était présumé donner. J’ai bien sûr changé d’avis au terme de cette histoire et si je ne devais donner qu’un conseil, ce serait de vous accrocher pour prendre la pleine mesure de ce que ce fabuleux livre a à vous apporter.
Globalement, il est difficile de parler correctement de ce bouquin en lui rendant pleinement justice. Le fait est qu’il faudrait - à mon avis - plusieurs lectures pour être certain de ne rien louper. C’est pourquoi je terminerai cette chronique en vous assurant que La Bibliothèque est un très bon livre, et en vous recommandant chaudement de vous y plonger. Votre voyage ne sera pas vain, votre lecture sera forcément bénéfique.

En clair, ce premier tome illustre à merveille le titre de la saga. Très belle réussite pour un premier roman balaçant habilement entre compléxité et fluidité.

Pour acheter le livre : La bibliothèque : Grandir de Pauline Deysson


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