★ Everything Everything (#49)

Everything Everything de Nicola Yoon

Quatrième de couverture
«  Everything, everything est vraiment TOUT : puissant, charmant, déchirant, et si prenant que je l'ai dévoré d'une traite. L'un des rares romans qui vous élèvent, vous brisent et vous nourrissent en même temps. Jennifer Niven, auteur de Tous nos jours parfaits  »

Mon avis
Lecture de plage, ou plutôt de bord de piscine pendant les vacances d’été dernières. Lecture de plaisir, lecture légère, lecture toutefois surprenante.

Nous faisons la connaissance de Madeline, une adolescente passionnée de lecture. Maddy aurait pu être une adolescente comme toute les autres, aurait pu être une adolescente normale. Mais Maddy est la cible de son propre système immunitaire ; elle est une enfant‑bulle. Elle doit donc composer avec son allergie au monde qu'elle désir pourtant, et pour ce faire, elle n'a d'autre choix que de vivre barricadée dans une atmosphère aseptisée. Pas d'école, pas de rencontre, uniquement la monotonie de sa chambre blanche. Uniquement, pas tout à fait : quand arrive le camion de déménagement qui signale l'arrivée de nouveaux voisins, le monde de Maddy change de face et prend les traits d'un garçon. Olly. Si la perfection aux yeux de Maddy avait un prénom, ce serait Olly. Et si Olly était l'embrayeur du changement de Maddy, il était loin de s'imaginer jusqu'où les mènerait ce changement...
« Il m’arrive de relire mes romans préférés en partant de la fin. Je commence par le dernier chapitre, et je lis à rebours jusqu’au premier.
Quand on lit de cette manière, les personnages vont de l’espoir vers le désespoir, de la connaissance de soi vers le doute. Dans les histoires d’amour, les couples sont d’abord amants, avant de devenir des étrangers. Les récits d’initiation se transforment en récits d’égarement. Des personnages reviennent même à la vie. Si ma vie était un roman qu’on lisait à l’envers, rien ne changerait. Aujourd’hui est pareil à hier, demain sera pareil à aujourd’hui. Dans Le Livre de Maddy, tous les chapitres se ressembleraient. »
J’ai abordé cette lecture avec globalement les mêmes attentes que pour Nos étoiles contraires de John Green. J’y recherchais l’émotion mais sans la prise de tête, la beauté du fond plutôt que de la forme. Et Everything Everything a plutôt accompli sa mission (a quelques nuances près).
L’intrigue d’abord, plutôt similaire aux intrigues contemporaines qui me plaisent habituellement : une héroïne malade, une rencontre inopinée, un futur incertain. Oui, l’intrigue aurait pu ne pas être ce qu’elle est, elle aurait pu être basique, comme déjà vue. Mais c’est sans compter sur ce twist final qui même s’il n’est pas totalement étonnant (il se laisse entrevoir au fil des pages) demeure tout aussi écœurant. Écœurant mais compréhensible, ou plutôt que compréhensible préférons « pas totalement incompréhensible ». La dualité des émotions, à cheval entre empathie et antipathie de retrouve dans le développement de la relation des deux jeunes héros. Madeline et Olly oscillent entre éloignement et rapprochement, leurs sentiments se construisent malgré la distance ; la maladie est un bon moyen de mettre en tension le coeur et l’esprit. Pourtant, la finalité de cette relation, comme la finalité des personnages méritent un bravo. Everything Everything est un roman axé jeunesse qui ne prend pas son public pour des simplets : les petites pointes de clichés ne sont dispersés que pour servir l’âge des protagonistes. L’intrigue même si elle stagne ne se pare pas de facilité. Au contraire même, le fond de l’histoire est bien plus complexe qu’elle peut y paraitre, allant peut‑être même jusqu’à offrir deux degré de lecture différents.
Les personnages ne sont pas non plus entièrement clichés ; bien entendu Olly est craquant (sans quoi Maddy n’en serait probablement pas tombée amoureuse), bien sûr son passé le rend mystérieux, mais ce passé est correctement utilisé. Le passé de Madeline est tout aussi mystérieux, les actions de sa mère ne le sont pas moins. Le fait est que l’histoire repose sur un mystère qui explose au visage des personnages au moment où il explose au visage du lecteur. C’est cette découverte simultanée, cette révélation finale qui achève la connivence entre l’héroïne et son lecteur. Mais pour s’attarder sur le personnage de Maddy, puisqu’elle est l’essence même du roman et que ce dernier s’incarne à travers elle (notons qu’il se présente sous la forme d’un pseudo journal qui s’il n’est pas intime, est davantage « de bord ») : elle est une héroïne intelligente et cultivée qu’il est bon de rencontrer. J’ai déjà pu rapprocher à certains romans jeunesse le développement parfois absurde de leurs personnages ; ce n’est pas le cas ici. Maddy incarne globalement une adolescence louable et adopte plus ou moins un comportement qu’il serait bon de donner pour exemple. Elle est forte malgré ses faiblesses, intelligente malgré ses prises de risque, tolérante mais droite dans ses opinions ; elle est un vrai personnage.
La forme du roman, enfin, mérite son petit paragraphe. Une forme plus ou moins en vogue en ce moment, alliant échange de mail, dessins et autres listes. Cette forme contribue à l’enchainement rapide de l’histoire et à sa légèreté aussi. Le style d’écriture, fidèle au genre finalement, n’est ni trop simple ni recherché : juste ce qu’il faut pour rester agréable. Il est quand même nécessaire de soulever le petit point noir qui ne tient qu’à moi : même s’il est vrai que le bouleversement narratif est bien trouvé, si le trouble de Maddy se ressent, si le futur des deux héros n’est pas clairement défini, il m’a manqué un petit quelque chose d’émotion. La petite chose qui me ferait refermer le livre presque à bout de souffle, comme heurtée. Ce serait mentir que de dire que je n’ai rien ressenti, mais ces sentiments se trouvaient bien en deçà de ce que j’attendais ou du moins de ce que j’espérais. Le livre n’en demeure pas moins une belle leçon de vie, non seulement une leçon d’espérance mais une leçon de persévérance.

En clair, Everything Everything est un beau roman, certes jeunesse mais bien traité : de ceux qui peuvent faire naitre l’addiction littéraire. Je suis heureuse de l’avoir lu et le recommanderai sa hésiter.

Pour acheter le livre : Everything Everything de Nicola Yoon


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Commentaires

  1. Everything Everything me tente depuis un moment, et ta chronique vient confirmer mon envie de le lire ! :) Merci pour ton avis Mégane, passe une bonne soirée ! Bisous ♥

    Sue-Ricette

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    1. Je suis impatiente d'avoir ton avis ! Même si je pense qu'il te plaira ! Bonne soirée à toi aussi, des bisous :)

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