★ Aztèques : La voie du Papillon (#46)

Aztèques La voie du Papillon de Eric Costa

Quatrième de couverture
« Teotitlan, 1517,
L’école du harem ouvre ses portes.

Une jeune esclave cherche à y entrer, mais la loi le lui interdit.
Sur sa route, alliances, rivalités et trahisons mortelles.
Deux clans s’affrontent.
Une mentore à la sensualité torride,
Une favorite qui règne en reine,
Une rivale indomptable,
Toutes ne vivent que pour le Maître.

La fille de l’aigle saura‑t‑elle prendre son envol ? »

Mon avis
J’ai eu la chance de lire La voie du Papillon, la suite des aventure d’Ameyal en territoires Aztèques, en avant première. Je remercie l’auteur pour la confiance qu’il a consenti à m’accorder une troisième fois.

Nous retrouvons Ameyal plusieurs mois après sa première rencontre avec le Maitre, plusieurs mois après que ce dernier l’ait appelé Regard de Jade, plusieurs mois après qu’il lui ait ouvert les portes de l’école du harem, plusieurs mois après que l’espoir de fuir ce monde se soit éveillé en l’esclave. Pourtant, les espoirs se sont ternis : Tene lui a interdit l’accès à cette école. La vieille mère semble au courant de ce qui s’est passé dans les prisons du harem quelques mois auparavant. Pourtant, lorsque vient le choix de se présenter ou non à l’école, Ameyal ne peut se résoudre à abandonner sa vie à l’esclavage ; elle se doit d’essayer. Et de réussir. Au delà de l’accès au Maitre, elle doit composer avec les jalousies et les vices des concubines et des épouses. Mais si l’espoir renait, le dégoût n’est pas loin…
« La plus libre de toutes les femmes est capable de rester libre au sein même de l'esclavage. »
Tous, je dis bien tous les bons points du premier tome sont amplifiés dans ce second volet des aventures de la jeune Ameyal. Le cadre, même s’il est moins sauvage reste tout à fait saisissant tant les descriptions sont dispensées là où elle sont bénéfiques à l’intrigue. Les émotions sont décuplées ; j’ai d’ailleurs trouvé que la tension narrative était encore mieux utilisée que dans le premier roman ; une partie de patolli (jeu de plateau aztèque) a fait battre la chamade à mon cœur… La dose d’adrénaline délivrée par toutes les scènes d’action d’Ameyal m’ont fait prendre conscience de l’attachement que je porte à ce personnage.
Un personnage résolument intelligent, légèrement plus réfléchie que dans le premier opus mais toujours aussi spontanée ; si le harem et ses vipère sont parvenu à entacher le physique de l’héroïne, son esprit et sa conscience restent intactes. Si Chimalli n’est plus que figuratif ici, il permet d’amorcer un peu plus les tensions au sein de l’établissement. Les intentions de Macoa se précisent dans une dimension qui, pour être tout à fait honnête, m’ont franchement étonnée. La surprise était de taille ; le plaisir de lecture en est décuplé. Coatzin et Amocualli, toujours présents à leur façon apportent la dose de frisson à l’intrigue tandis que Perle et Izelka apportent une touche d’injustice qui a éveillé mon indignation. Izelka m’a d’ailleurs particulièrement déçue. Xalaquia, Rivière Noire et Tene, entre simple méchanceté, jalousie et mépris constituent les principaux obstacle d’Ameyal dans ce tome. Pixcayan, elle, s’efface quelque peu tout en restant indispensable. Nictée s’incarne à travers Mireh ; les révélations à son sujet permettent - je l’espère - de poser les bases à une hypothétique intrigue à venir. Le Maitre, enfin, n’est que ponctuellement présent mais quand il l’est, il ne l’est pas à moitié. Sa prestance, son charisme même, sont largement à la hauteur de son rang. J’espère d’ailleurs que la dernière scène du roman accordera un nouveau souffle, de nouvelles possibilité à Ameyal.
La question des règles, de la politiques, des moeurs, est largement plus développée ici ; le contexte s’y prête à merveille. Le lecteur est initié, formé même, à l’image de l’héroïne. Cette introduction plus poussée permet de s’enfoncer un peu plus dans cette histoire et cette époque atypiques. La dimension Fantasy pointe timidement le bout de son nez, mais de la meilleure des façons qui soient : par le biais des croyances. Comme pour le premier tome, c’est la minutie, la délicatesse du tout et qui m’a frappée. Les noms des personnages s’expliquent de mieux en mieux, les chapitres incarnent toujours aussi bien leur titre, les facilités sont toujours refusées à Ameyal. Hors de question de servir la réussite à l’héroïne qui en plus de subir le courroux de ses ennemis, paye le contre‑coup des sévices endurés dans le premier tome. Enfin quel plaisir (et quelle tristesse aussi) de lire que Celles que l’on a oubliées teintent l’entièreté de ce volume… Une dualité émotionnelle extrêmement jouissive il faut l’avouer puisque ce chapitre a été celui que j’avais préféré.
Petite mention aux nouvelles couvertures pour terminer : qu’il s’agisse celle de la réédition du premier tome ou de celle du second, elles viennent parfaitement illustrer l’histoire et clore le cercle d’apparente perfection de la saga. Fiez‑vous à leur beauté, elles matérialisent celle des mots qu’elles contiennent.

En clair, le plaisir est intact quand il s’agit de retrouver Ameyal, quand il s’agit de lire son auteur. Les seconds tomes présentent un enjeu double : réussir à convaincre de poursuivre la lecture sur de futurs tomes et ne pas décevoir quand les premiers ont décroché le coup de cœur. Si j’ai aimé le premier tome, j’ai davantage aimé le second et j'attends fermement le troisième. Chapeau l’artiste.

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