★ Quêtes, d'ombre et de lumière (#36)

Quêtes, d'ombre et de lumière de Sélène Derose

Quatrième de couverture
« Histoires de toutes sortes, empreintes de mystère, naissent et s’assemblent dans "Les Récits Sélénites".
Dans "Quêtes, d’ombre et de lumière", partez loin, plongez dans un univers onirique, voyagez dans la brume, découvrez des êtres peu communs, faites des rencontres inattendues. Laissez‑vous emporter au gré de ce recueil de contes qui explore la recherche de sens et le changement, voulus ou non, dans une ambiance fantastique, poétique, métaphorique. »

Mon avis
J'ai profité d'une offre proposée sur twitter par l'autrice pour découvrir son recueil. Quand elle me l'a proposé une seconde fois en partenariat via SimPlement, j'ai tout de suite accepté, désireuse de découvrir cette plume dont j'entendais beaucoup de bien sur les réseaux sociaux. Je la remercie pour cet envoi.

L'obsession du mal met en scène la quête d'un seigneur avide et foncièrement mauvais qui, aveuglé par un bête désir de vengeance, en vient à oublier beaucoup de choses.
Une vie de rêve retrace le quotidien chamboulé d'un écrivain ayant perdu l'inspiration qui faisait de lui un romancier de renom. C'est en croyant avoir tout perdu que la réalité va le rattraper.
Le voleur de bonheur, un peu à la manière d'un croque‑mitaine, est une entité redoutée. Mais nombreux sont ceux qui ignorent ce qui se cache sous cette identité.
L'enfant nous met face au quotidien d'une femme esseulée, plongée dans une tristesse infinie suite à la disparition en mer de son mari. Mais ce quotidien s'en retrouve chamboulé le jour d'une rencontre inattendue.
« Qu'exercez-vous donc comme métier ? Apothicaire, itinérant. En toute franchise, ici vous ne ferez guère fortune, car le seul remède dont nous autres usons, est cette bière de la confection. »
Je remet le couvert avec un nouveau recueil mais de contes cette fois‑ci. Le genre de petite lecture à grignoter quand le temps se rafraichi, bien emmitouflé dans un plaid moelleux, la tasse fumante à portée de main et sans oublier le ronronnement du chat pour ambiancer le tout. Je dois quand même préciser une chose, c'est qu'en sortant de cette lecture, je me suis aperçue que le genre du conte n'était vraiment pas celui avec lequel je nourris le plus d'affinité. J'ai lu plusieurs contes sans jamais y trouver un réel plaisir. Jusqu'ici je mettais ça sur le compte de l'écriture parfois très enfantine. Ici, chacun des conte est très bien écrit, toutefois, il m'a semblé manquer d'un petit quelque chose pour vraiment apprécier ma lecture. Cette chronique doit donc être lue en gardant cet aspect à l'esprit.
L'obsession du mal est sans doute le conte que j'ai le moins aimé. Je l'ai trouvé trop détaché, trop dans la généralité et trop loin des autres contes proposés par l'autrice. J'ai trouvé la fin trop vite arrivée et le déroulement trop peu exploité. Les personnages ne sont pas attachants (ce qui est très certainement voulu au regard du déroulement du conte) et de ce fait, je me suis sentie étrangère à ma lecture.
Une vie de rêve est au contraire le conte que j'ai le plus apprécié. J'ai aimé le message qu'il sous‑entendait et la thématique qu'il mettait en jeu. La métamorphose du personnage principale est plutôt chouette, de même que le jeu de miroir qui se met en place et la double lecture possible (qui de toute façon s'explique à la fin de ce dernier). Pour parler rapidement de la fin, je l'avais vu venir sans pour autant que cette prédiction ne gâte le final.
Le voleur de bonheur m'a plu dans son écho au Bossu de Notre Dame. Grande amoureuse du chef‑d'œuvre d'Hugo, j'ai retrouvé la notion de sublime que j'avais adoré dans le roman. La fin est encore prévisible mais les dernières phrases ont su m'arracher un petit sourire.
L'enfant aurait été mon préféré s'il n'avait pas été si "abrupte". En fait l'histoire est celle qui m'a le plus touchée mais tout arrive beaucoup trop vite à mon sens. Cette caractéristique va de paire avec le nombre restreint de page alloué au conte mais m'a fait terminer le recueil sur une petite impression d'insatisfaction.
Quoi qu'il en soit, j'ai passé un bon petit moment avec ces contes, même si j'aurais aimé qu'ils soient tous plus développés. Je pense particulièrement au deuxième et au quatrième contes qui sont une belle toile de fond à une histoire qui pourrait être largement développée. Un sentiment d'inachevé me reste quand même, sans que je sache réellement l'expliquer et la rédaction de cette chronique s'en trouve vraiment difficile.
Le traitement des ombres et des lumières est réellement intéressant, très personnel aussi et de ce fait très subjectif. Pour certains contes, il n'est pas évident de premier abord mais s'illustre toujours de façon originale. Les ambiances sont également bien maitrisées, tantôt dans un esprit moyenâgeux, tantôt dans un esprit plus fantastique et plus abstrait. D'une manière générale, songe et réalité s'entremêlent pour laisser au lecteur le soin de démêler par sa lecture le réel de l'irréel. Chaque titre incarne pour de bon la quête qu'il va déployer, j'ai d'ailleurs aimé le double sens que contient "Une vie de rêve" et "L'obsession du Mal".

En clair, je pense que je n'aurais pas dû lire ce recueil de bout en bout ; j'aurais dû prendre mon temps pour peut‑être apprécier davantage ces lectures.

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