★ Je suis là (#15)

Couverture du livre Je suis là de Clélie Avit

Quatrième de couverture
« Une histoire d’amour peut‑elle naître en s’allongeant auprès d’une inconnue endormie ?
Avant même d’être publié, le premier roman de Clélie Avit a déjà provoqué l’enthousiasme de plus de dix éditeurs étrangers qui en ont acquis les droit de traduction et a reçu le prix Nouveau talent attribué par la Fondation Bouygues Telecom, le quotidien Metronews et les éditions Lattès. Clélie Avit vit près de Nice. Elle est professeur de physique‑chimie et de danse. »

Mon avis
J’avais envie d’une lecture douce, sans prise de tête. Chose réussie avec ce bouquin.

Nous faisons connaissance de Thibault et Elsa, deux jeunes trentenaires que rien ne vouait à se rencontrer. Elsa est plongée dans le coma, depuis 5 mois, à la suite d’un accident en montagne. Thibault, lui, amène sa mère rendre visite à l’occupant de la chambre 55 du même service. En effet, alors qu’il refuse de renouer le contact avec son frère, qu’il juge inconscient et coupable de son accident qui a coûté la vie à deux adolescentes, Thibault va sans y faire attention, pousser la porte de la chambre 52, plutôt que celle des escaliers. D’abord curieux, puis séduit par le calme reposant de la chambre, il va s’endormir aux côtés d’Elsa et répéter les mêmes gestes à chacune de ses visites à l’hôpital. Peu à peu, il va se livrer à l’esprit comateux qui semble le seul avec lequel il puisse être réellement lui‑même. Parallèlement, Elsa, consciente de tout ce qui l’entoure, va trouver en Thibault la distraction et le soutien qui lui manquait depuis son emprisonnement dans un corps inerte.
« Je préfère être aveugle et ne rien savoir. Si je ne sais rien, je garde espoir. Et l'espoir est tout ce qui me fait avancer aujourd'hui. »
De l’ouverture du livre jusqu’à sa fermeture, il n’y a vraiment pas long feu. L’écriture est simple, très fluide, et le découpage des chapitres alternant point de vue d’Elsa et point de vue de Thibault fait que les pages se tournent très, très rapidement. Thibault est un garçon perdu. Perdu entre ce qu’il devrait avoir, ce qu’il voudrait avoir et ce qu’il n’a plus. Tourmenté parce que son frère est à l’hôpital et qu’il lui en veut au point de le détester, parce que sa mère est désemparée, parce que ses amis réussissent à fonder la famille dont il rêve, parce que ses pensées ne se tournent que vers une femme dans le coma. Je dois dire qu’il a réussi à m’émouvoir, même si j’avais parfois envie de l’étouffer avec son livre‑dont‑vous‑êtes‑le‑héro et d’arroser son cadavre à grand coup de jus de poire (mais ça, c’est uniquement dû à l’effet rabâchage, il faut que je me calme). Elsa, elle, est contrainte à seulement écouter ce qui se passe autour d’elle, sans jamais pouvoir y répondre. L’histoire, même si elle semble peu convaincante parce que peu probable, a réussi à me faire espérer. Et je pense que c’est justement cet espoir qu’est l’essence même du bouquin. J’ai même réussi à imaginer, non pas comment ils peuvent tomber amoureux, mais pourquoi ils s’attachent l’un à l’autre. Ils sont l’un pour l’autre la seule échappatoire du quotidien, le seul point d’attache auquel s’accrocher pour avancer.

En clair, c’est un livre tout doux, qui malgré son histoire invraisemblable, fait du bien au moral.

Pour acheter le livre : Je suis là de Clélie Avit


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