★ Les fiancés de l'hiver (#11)

Couverture du livre Les fiancés de l'hiver de Christelle Dabos

Quatrième de couverture
« Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l'Arche d'Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a‑t‑elle été choisie ? Pourquoi doit‑elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d'un complot mortel. »

Mon avis
Lecture choisie communément avec ma Nyaanda. J’avais placé énormément d’espérances dans ce bouquin.

Nous partageons ici le quotidien d’Ophélie, une jeune animiste et liseuse. Sur l’arche d’Anima où elle tient bénévolement un musée d’objets de l’ancien monde, elle mène une vie discrète, se cachant derrière ses lunettes, sa crinière brune et son écharpe vivante. Cette vie paisible se trouve chamboulée quand, après plusieurs refus de mariage, elle est condamnée par les Doyennes et par l’esprit de famille, à lier son futur à celui de Thorn. Ce dernier lui est pourtant diamétralement opposé : aussi grand qu’elle est petite, aussi blond qu’elle est brune, aussi flegmatique qu’elle est transparente... Pourtant Ophélie doit abandonner sa famille, seulement chaperonnée par sa tante Roseline, et se faire au froid mordant du Pôle où elle épousera Thorn à la fin de l’été prochain. Elle se rendra vite compte que ce mariage est bien plus qu’un arrangement diplomatique, que la vie à la cour est bien différente des jeux de cartes qu’elle s’imagine et que son statut de future épouse d’un Dragon est bien loin d’être un honneur.
« Passer les miroirs, ça demande de s'affronter soi-même. Il faut des tripes, t'sais, pour se regarder droit dans les mirettes, se voir tel qu'on est, plonger dans son propre reflet. Ceux qui se voilent la face, ceux qui se mentent à eux-mêmes, ceux qui se voient mieux qu'ils sont, ils pourront jamais. »
Il faut tout de suite reconnaître que l’univers dépeint par Christelle Dabos est épique. Tant l’idée d’arches reliées par dirigeables, que l’idée de capacités propres à chacune de ces arches et à la diversité des peuples. L’idée de l’environnement conscient sur Anima est tout bonnement génial : la bibliothèque, les lunettes, et jusqu’à l’écharpe tricolore qui est finalement un golem... la multiplicité des dons accordés aux personnages : passer d’un miroir à l’autre, tisser des illusions ou les défaire, influer sur les terminaisons nerveuses par un simple regard, lire les objets ou raccommoder le papier par le toucher... Tant de détails qui font de ce bouquin un monde rempli de magie. Les descriptions sont là où le lecteur les attend, pas nécessairement longues, simplement utiles. L’écriture est vraiment jolie et la lecture est véritablement agréable. Mais, mais, mais, il y a malheureusement un mais... J’ai trouvé l’histoire bien trop tirée en longueur... J’ai regretté ne rien savoir de Thorn même si je suis consciente qu’Ophélie doit affronter cette même déception et que de ce coup, le lecteur est plongé dans la même frustration que la protagoniste. Les questions qui sont posées suite aux évènements restent sans réponses, la mythologie qui promet pourtant d’être dingue n’est pas exploitée et j’ai eu l’impression que certains personnages introduits n’étaient pas « utiles » à l’histoire (je pose ici certaines réserves puisque je n’ai pas encore lu le second tome). L’arrivée d’Ophélie au Clairdelune et toutes les peines qu’elle doit traverser sont finalement vaines puisque les tentatives de Berenilde et de Thorn pour la protéger de Farouk sont réduites à néant à la fin de cet opus. Parlons justement de Farouk, il n’est pour moi pas un esprit de famille. Là où Artémis est impressionnante malgré sa brève apparition, Farouk est mou et ne me semble pas représenter un quelconque esprit. Même les mises en garde des habitants du pôle n’ont pas réussi à me le faire craindre, et je trouve ça dommage. Cependant, cette lecture a quand même été très agréable et je lirai forcément le second tome, l’univers reste magique et les personnages relativement attachants.

En clair, j’ai vraiment aimé cet univers, toutefois je n’ai pas trouvé ce petit plus qui remue l’intérieur. J’attends énormément (sans doute à tort) du second tome pour palier ce sentiment de manque.

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